Dessinateur, chanteur, musicien, Chad VanGaalen revêt les traits d’un touche-à-tout contemporain. Aussi, l’illustration dessinée pour embellir « Skelliconnection » doit-elle ses couleurs à son auteur-compositeur : Chad. VanGaalen perçoit l’art comme un ensemble, une unité élémentaire. Seul face à son génie, l’homme se replie sur lui-même, s’enfermant dans son appartement pour donner suite à « Infiniheart », album bricolo-folk publié l’an dernier chez Sub Pop. Et, contre toutes attentes, on assiste à d’innombrables cabrioles stylistiques. En installant le disque sur la platine, notre esprit persuade les oreilles de la facture acoustique des évènements. Tout faux. « Skelliconnection » secoue l’auditeur par sa diversité. Que s’est-il passé dans la vie de Chad VanGaalen pour en arriver à un tel revirement ? Un écoeurement des étiquettes ? Une confusion totale ? Impossible d’avancer la moindre hypothèse...
Toujours est-il que « Skelliconnection » est un album tout terrain, une suite illogique de chansons épiques. Après la sortie d’« Infiniheart », VanGaalen a tourné en compagnie des Pixies, de Wolf Parade. Ça lui a donné le tournis. Alors, comme sur un carrousel, on tourbillonne, découvrant à chaque instant les courbes de décors différents. Le délicieux « Graveyard » s’égrène ainsi dans la plus pure tradition folk. Tout comme « Wing Finger ». Pour sa part, « Flower Gardens » s’exécute au gré d’un riff metal impromptu. Chanson parfaite pour amateurs de magie noire, fans de Led Zeppelin. Titre phare du disque, « Mini TV’s » déverse son flot de mélancolie collective. C’est joli, émouvant. L’envie d’aller frapper à la porte du voisin nous assaille. Envie de chanter ce triste refrain en sa compagnie. Envie de pleurer de joie. Sans savoir pourquoi. En vie, c’est déjà ça...

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