L’été dernier, le grand manitou NME encensait trois petits scientifiques sympatoches qu’il présentait comme les grands alchimistes de la rentrée. Pour donner le ton, le trio balançait sur les ondes un « Nobody Move, Nobody Get Hurt » du tonnerre de Zeus. Mais c’était sans compter sur les mauvais tours des singes de l’Arctique qui, sans pitié, dévastèrent tout sur ce qui se trouvait sur le passage avec leurs corrosifs « Fake Tales of San Francisco » et « I Bet That You Look Good On The Dancefloor ». L’attention des medias détournée, les p’tis gars de Brooklyn furent contraints de se tapir dans l’ombre et d’attendre patiemment le jour de la terrible revanche. Ils se sont donc terrés dans leur studio et, en guise de représailles, se sont mis à la confection d’un stock de morceaux radiophoniquement mortels. Le résultat ? Un « With Love & Squalor » plutôt convaincant et distillant un rock bien plus british que new-yorkais. Menées par la batterie omnipotente de Michael Tapper et la voix houleuse de Keith Murray, les compos de We Are Scientists sont surtout à l’image de la moustache de Chris Cain (basse) : à la fois classieuse et désuète. Même s’il y a effectivement une impression de ‘déjà entendu’ qui se dégage de ce premier album, l’urgence de titres tels que « Cash Cow » ou « The Great Escape », les engageants « Worth The Wait » et « Callbacks » ou encore le pastiche (involontaire ?) de The Cure sur « Textbook » valent à eux seuls le coup d’oreille et justifient la réputation ‘live’ du trio. Il en faudrait néanmoins beaucoup plus pour que les Scientists fassent trembler les Monkeys…

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