Gang Gang Dance évolue à des lieues de tout battage médiatique. Et pour cause, on est en présence d’un groupe expérimental. Fort doué, certainement ; et surtout très intéressant. En 2005, il avait ainsi sorti un excellent album. Intitulé « God’s Money », il avait été unanimement acclamé par la critique. Et comme leurs concerts recueillent moult échos favorables (NDR : ils se produisent alors en première partie de Sonic Youth, Animal Collective, Black Dice ou encore TV On The Radio), plusieurs labels commencent à s’intéresser à ce phénomène. Finalement, ce sera Warp qui décrochera le deal. Et en lui ouvrant ses portes, cette écurie est peut-être aussi occupée de lui ouvrir celles du succès.
Il leur a fallu quand même trois années avant de concocter un nouvel opus. Bien sûr, entretemps, les musiciens ont bossé dans le domaine de la vidéo (NDR : ils ont sorti un Dvd intitulé « Retina Riddim », en 2007) ou expérimenté de nouvelles techniques de collage. Mais hormis un Ep l’an dernier (« RAWWAR »), on n’a pas eu grand-chose à se mettre dans l’oreille. Ce qui explique sans doute pourquoi les sceptiques attendaient le quatuor newyorkais au tournant. Et le résultat est probant ! Gang Gang Dance vient très certainement de commettre son meilleur elpee, à ce jour. Intitulé « Saint Dymphna » (Sainte Patronne de la ville de Geel en Belgique), c’est une véritable œuvre d’art. Les orchestrations sont superbes. Les sonorités riches et enivrantes. Leur maîtrise instrumentale impressionnante.
L’opus s’ouvre par « Bebey », une compo qui puise manifestement son inspiration chez l’artiste qui est à l’origine du succès de Warp : Aphex Twin. Au menu : minimalisme électronique et percussions orgasmiques. GGD est lâché dans l’arène. Plus rien ne peut les arrêter. Les mélodies s’enchaînent comme des mixes. L’énergie libérée s’amplifie au fil des morceaux. « Blue Nile » rend hommage à la techno 80’s underground, tout en balançant ses gros beats à la tête d’autres courants musicaux ; et en particulier le hip hop et le trip hop. Des beats qui peuvent aussi se révéler plus cérébraux. A l’instar de « Afoot », une plage qui devrait convaincre toutes celles et tous ceux qui doutaient encore du potentiel de Gang Gang Dance. Certains médias n’ont d’ailleurs pas hésité à déjà qualifier ce disque de culte, sur la scène expérimentale. « Saint Dymphna » ouvre la route et le Messie s’appelle désormais Gang Gang Dance !

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