Pour enregistrer son nouvel essai, Rudi Protrudi est parvenu à convaincre ‘Mad’ Mike de revenir frapper sur les fûts. Comme entre 1986 et 1992. Forgeant pour la circonstance une section d’enfer en compagnie du bassiste Screamin’ Bo Pille. En outre, le New-yorkais a bénéficié de la participation de backing vocals féminins et reçu la collaboration d’une section de cuivres. Des cuivres qui apportent une coloration r&b particulièrement chaleureuse, fiévreuse même, à la plupart des plages de l’elpee. Ajoutez-y la conjugaison cinglante entre les guitares de Protrudi et de Lenny Silver ; et puis bien sûr les claviers Hammond C3 subrepticement rognés par Lana Loveland. Il ne reste plus qu’à la voix vitale et énergétique de Rudi à faire le reste. Et ma foi, le résultat est concluant. Enfin, si vous êtes un aficionado de garage inspiré par les sixties. Celui des Monkees, Dave Clark Five, Crying Shames ou encore des Sonics, pour être plus précis.
L’opus recèle de nouvelles versions d’anciennes compositions. Tout d’abord « Ward 81 ». Ensuite « She’s wicked ». « Cheyenne rider », également. Une adaptation très réussie d’un titre signé par Jordan Tarlow et Mike Czekaj, deux ex-membres des Fuzztones. Cette plage pourrait même figurer au répertoire des Fleshtones. Le disque épingle également toute une série de covers, dont le « Garden of my mind » de Mickey Finn, « Girl, you captivate me », un morceau signé DiFrancesco/Dischel popularisé par ? & The Mysterians, le « Be forewarned » de Pentagral » ainsi que le « 99th floor » de Billy F Gibbons. Issu de la plume d’un certain Ceynowa, « Black lightning light » baigne d’abord dans des sonorités de claviers ‘deepurpleliennes’ (NDR : pensez à « Child in time »). Et pourtant ce n’est pas Jon Lord qui siège derrière l’orgue. Avant de s’autoriser un petit trip dans la prog et de glisser finalement vers un r&b garage digne du Spencer Davis Group. Une compo de 7’43 ! Signalons encore la présence du bassiste et du chanteur des Pretty Things, Wally Waller (il partage les harmonies vocales) sur une cover des Pretties, « Alexander ». L’elpee recèle enfin un morceau absolument fantastique et irrésistible : « Third time’s the charm » (NDR : cette voix caverneuse de Protrudi ! Brrrrrr…) Et il n’est pas interdit de danser. Excellent !

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