Le génie créateur du P-Funk traverse manifestement, pour l’instant, un gros passage à vide. Et ce nouvel opus, consacré aux thématiques de l’amour, en est une nouvelle démonstration. Pendant quinze morceaux (seulement onze sont annoncés sur la pochette), il invite ses nombreux potes (Santana, RZA du Wu-Tang, Red Hot Chili Peppers, Sly Stone, El DeBarge) à venir s’ébrouer sur des classiques de la soul (Barry White, Curtis Mayfield), de vieilles scies des années 50 (« Sway », « Pledging My Love », « Let The Good Times Roll »), ainsi que quelques compos personnelles. Affirmer que ces exercices de style sont anecdotiques serait un doux euphémisme : les participants ont l’air fatigués (NDR : à moins qu’ils ne ’ennuient…), les instrumentations sont trop synthétiques et sonnent souvent toc. Et puis ces reprises n’apportent strictement rien aux originaux. Bref, on y ressent un cruel manque d’inspiration. Hormis le rap de RZA sur « Heaven », on a bien du mal à identifier quoi que ce soit susceptible de tirer l’auditeur de la lassitude profonde provoquée par l’écoute de ce disque. Vu les brillants états de service du papy P-Funk, cet elpee est tout simplement à négliger…