La Suède, terre bénie de la pop, n’en finit plus de nous sortir des nouveaux groupes. Et en parlant de fraîcheur, la transition est facile quand on connaît l’âge des protagonistes de Those Dancing Days. 18 ans à peine pour la plupart. Ce quintet féminin a donc la ferme intention de ne pas attendre les années de décantation pour nous faire boire jusqu’à la lie, le vin issu de leurs jeunes pousses. Pour un trentenaire (bien tapé) de mon acabit, c’est se prendre un coup de vieux supplémentaire, quand on entend avec quelle énergie les donzelles se lancent dans l’aventure.
Relativement bien arrangé, « In our space hero suits » possède ce petit charme innocent, ce cachet acidulé, comme le sucre au fond d’un sachet de bonbon. Par contre, dans le domaine de l’originalité, la différence de génération est très marquante. Le son est très eighties. J’avoue qu’à cette époque, j’éprouvais déjà beaucoup de mal à l’assimiler. En outre, l’elpee ne scie pas un barreau de chaise. Les compos légères et naïves répercutent cet écho répétitif comme celui qui résonnait à l’époque. Cette période ou le fluo était signe de bon goût et d’originalité ; et où le brushing masculin rendait beau Kajagoogoo. Il y a fort à parier que les cinq Suédoises ont dû réécouter de vieilles cassettes audio de leurs grands frères ; et y trouver l’univers à leur gré. La voix entraînante de Linnea Jönsson ressemble, à s’y méprendre, à celle de Kate Jackson, vocaliste chez The Long Blondes, un groupe encore influencé par les années fuseaux et jambières… Avouer que la galette est tannante serait un mensonge. Beaucoup de charme en émane ; et la volonté de vouloir faire rebondir l’auditeur est indéniable. Il plaira certainement aux plus jeunes auditeurs ; mais à des ancêtres comme nous, on ne la fait plus. Qui a dit vieux con ?

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