Né en Caroline du Nord, Ben Folds est le leader du trio excentrique Ben Folds Five (NDR : on s’en serait douté !) Parallèlement au groupe, il multiplie les projets en solo. Et « Way to normal » constitue déjà sa sixième œuvre en solitaire. Ben est pianiste. Un virtuose ! Mais il possède également un don inné de mélodiste. Il ne faut d’ailleurs pas plus de trois écoutes de cet opus, avant de commencer à reprendre ses refrains en chœur, tant ils sont contagieux. En écoutant ses chansons, on ne peut que choper la bonne humeur. Si on ne comprend pas trop les lyrics. Car leur contenu sarcastique est susceptible de vous mettre mail à l’aise. Un humour noir, drôle et acerbe qu’il mêle à une forme de romantisme assez proche d’un Elton John. C’est-à-dire un romantisme déchiré entre tristesse et enjouement. Alors, sommes-nous en présence d’un caricaturiste pour nerd ? Ben Fold serait-il devenu un nouveau Randy Newman ? A vous de juger ! Ainsi, sur « Bitch went nuts » (NDR : il vient d’ailleurs de se marier pour la quatrième fois) il règle ses comptes avec ses ex-partenaires. « Effington » pose un regard critique sur les banlieues américaines, alors que « Free coffee » tourne en dérision son statut de nouveau riche. En fait, ce clown-pianiste est en colère contre la terre entière. Même si parfois, on se demande si ce qu’il raconte est vraiment bien sérieux. Et l’illustration de sa pochette en est la plus belle démonstration. En fait, le personnage est atteint d’une forme de folie douce qui alimente une imagination débridée. Parfois tellement débridée qu’elle dessert ses nombreuses bonnes idées.
« Way to Normal » récolte déjà un énorme succès populaire. Comparable à « Whatever and Ever Amen », paru en 1994, au sein de Ben Folds Five. Un disque fort agréable à écouter, même si certains titres donnent l’impression de ‘déjà entendu’. J’épinglerai quand même le single très ‘catchy’ « You don’t know me », une compo qu’il partage en compagnie de Regina Spektor.

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