Kele Okereke et sa bande sont de retour du studio, la troisième galette dans la besace. La franchise étant une qualité, nous n’en manquerons pas en parlant de « The Week-end in The City » leur album précédent (sorti en 2007), un peu à côté de la plaque, il faut l’avouer. Si, si, quitte à me fâcher avec certains inconditionnels du groupe, le tournant pris par Bloc Party ressemblait plus à un dérapage incontrôlé qu’à une preuve de maîtrise. Proposé d’abord sous format ‘téléchargeable’ sur le net, l’annonce surprise d’un nouvel opus, laissait donc un peu perplexe, tant la déception suite à l’incroyable « Silent Alarme » en 2005 nous avait balancé une claque, dont on se serait bien passé.
Qu’en est-il donc de cet « Intimacy » ? Les Anglais auraient-ils eu l’audace de pousser plus loin encore leurs recherches sonores, pour nous relancer de gauche à droite comme nous aimions ? Alors allons-y franco : « Intimacy » va au-delà de nos espérances. Dès l’ouverture des 11 plages, on retrouve ce goût perdu, mais qui nous hantait comme la madeleine de Proust. Quand apparaît « Ares » le premier morceau de l’elpee et son intro ultra courte (30 secondes), on se sent tomber dans une fosse aux riffs endiablés ; et c’est les poings serrés vers le ciel, en signe de victoire, que l’on poursuit l’écoute de l’album. Les baffes continuent à pleuvoir, par la suite. Elles se transforment même en bombes. A l’instar de « Halo », « Trojan Horse » ou l’incroyable « One Month Off ». Parsemé d’effets électro, aussi discrets qu’efficaces, leur univers rock est terriblement percutant. En outre, le bon goût et la justesse n’ont de cesse de nous haranguer. Un formidable troisième album alimenté par une incroyable énergie communicative. Un talent indéniable mis à profit entièrement. Bloc Party est de retour, dans la souffrance et la sueur ; et on ne va pas s’en plaindre.

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