La vie est quand même bien faite. Ainsi, cet enregistrement d’Anaïs, sorti en autoproduction au début de l’été a aujourd’hui trouvé une maison de disques digne de ce nom. Que le show (re)commence ! Guitare en bandoulière, paroles libertaires et l’air de rien, Anaïs signe « The Cheap Show Live », premier album enregistré en public et pour pas cher. Méli-mélo de sketches, de badinages et de contes modernes, ce disque opte pour une interprétation sincère d’effluves (très) personnels, polaroid intime d’aventures excentriques. D’un bout à l’autre, Anaïs joue la carte d’une fraîcheur très ‘second degré’. Un passage furtif dans son univers nous laisse entrevoir l’existence d’un autre monde : honnête, osé, sans ambages. Le seul (gros ?) défaut d’Anaïs réside incontestablement dans son extrême expansivité. Comme dans ce « Bad Blues Player » où l’image manque cruellement au son, carence diégétique qui trouve sa source dans l’idée même d’un album ‘live’. Parfois, les textes de la Française s’emberlificotent dans des parodies incompréhensibles même si l’auditeur sait que ces histoires abracadabrantes flirtent étroitement avec les gestuelles bizarroïdes de l’artiste. Pour le reste, l’aplomb d’Anaïs lui vaut toute notre sympathie. Et ses bobards nous le rendent bien : « Elle sort qu’avec des blacks » révèle les préférences amoureuses d’une demoiselle plantée à la troisième personne du singulier. Mais singulièrement, cette révélation revêt une dimension autobiographique. Alors, Anaïs ne sortirait-elle qu’avec des Blacks ? Si tel est le cas : « Elle a bien raison » !