« Wawa » constitue le premier de cet artiste congolais qui bénéficie d’une distribution internationale. Pourtant, Mastaki Bafa est musicien depuis son plus jeune âge. Il a débuté dans les quartiers pauvres de la ville de Bukavu où il participait à des concours musicaux qui finissaient souvent à la bastonnade. Il fonde, quelque temps plus tard, Joy en compagnie d’un prêtre italien, une formation qui va lui permettre d’acquérir une certaine notoriété au Congo. Désormais à la tête des Global Acoustic Vision, notre homme nous propose un elpee riche en instruments traditionnels (madimba, lokolé, longombi) et totalement acoustique. Les rythmiques rumba et soukous y sont présentes, mais aussi des incursions plus pop ou encore latines et même jazzy. Un travail de qualité, quelquefois un peu lisse, mais qui recèle de très bonnes choses. A cet égard, j’épinglerai le dramatique « Faila », une compo consacrée aux massacres récurrents du Congo. Dans une veine plus pop, la mélodie de « Saada » fait mouche, de même que celles de « Angeliani ». Meilleure chanson de l’opus, « Nemno » révèle le talent de mélodiste du bonhomme. Tout en percussions et voix, « Sikiya Shauri » s’avère le morceau le plus tendu et le plus prenant ; mais également le moins lisse de ce « Wawa ». Un disque pas facile d’accès, mais qui contient son lot de bonnes surprises…