Paru l’an dernier, « Weather Systems » nous faisait découvrir un songwriter acrobate et sensible, maniant l’écriture pop avec la grâce d’un funambule suspendu dans le vide. Ses mélodies sans gravité, d’une allégresse timide mais si charmante, nous auront accompagnés tout au long de l’année. Aujourd’hui le Bostonien nous propose un nouvel album, et c’est la même apesanteur qui assaille nos oreilles à l’écoute de ces 14 titres sans esbroufe, mais d’une valeur inestimable. Son violon en guise de fidèle compagnon, Andrew Bird tisse des merveilles de mélodies sans attache terre à terre, tel un Arthur Russell fan de Nick Drake et de Linda Perhacs. Qu’il caresse son engin à rebrousse-poil ou le sample en boucles hypnotiques, Andrew Bird n’est jamais son esclave mais son amant fidèle : entre eux c’est l’amour, le vrai, même si parfois ça pète (« Fake Palindromes »). On ne remerciera jamais assez Andrew Bird d’exister à travers sa musique : sans elle on n’aurait pas gagné un ami, quelqu’un à qui parler, dans la joie ou la détresse.