Depuis 25 ans The Ex se bat contre l’uniformisation (socio-)culturelle et mentale, fustigeant par le biais de sa musique sauvage (post-punk, noise, dub, world, jazz) nos comportements grégaires et masochistes. Pour démanteler le trafic d’opium du peuple (au choix : les médias, la politique, le capitalisme et son pendant l’impérialisme, la perte du devoir de mémoire,…), les cinq Hollandais jouent un rock décharné jusqu’à l’os, là où le rythme s’accroche. Le squelette, au centre de tout : de cette charpente vitale se détache le reste, mais le reste est détail. Ici les guitares s’entrechoquent pour rester dans l’arène : sans oripeaux elles gagnent grâce et vitesse. Tu, le superflu : du fil et du rasoir, que reste-t-il après le pugilat ? L’essence de la musique, ses vertèbres qui nous aident à grandir. Et le rock de The Ex évolue à chaque disque, comme le monde qu’ils décrient (« The Pie » : hymne pâtissier, référence à Godin). Plus que jamais se fait prépondérante l’influence de l’Afrique, mère porteuse de la Terre (« Getatchew », instru-hommage à Getatchew Mekuryah, génie éthiopien du saxophone – cfr la formidable collection « Ethiopiques »). En fin de compte ce qu’offre The Ex, c’est le retour aux sources : un bel acte de foi, d’un groupe majeur et messianique.