JG Thirwell est un des pionniers de l’electro-indus. Né en Australie, à Melbourne très exactement, il a émigré à Londres en 1978. Puis dégoûté par le business, s’est exilé à New-York en 1984. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à produire ses œuvres fœtales. Une conduite qu’il observe depuis plus de vingt-cinq ans. Il ne faut pas non plus négliger l’influence primordiale qu’il a exercée chez des groupes comme Ministry ou Nine Inch Nails. Si les samplers sonnent toujours de la même façon, les compos de ce nouvel opus sont, en général, hantées par un clavecin qui confère à l’expression sonore un certain climat baroque. Mais surtout, elles bénéficient d’une orchestration particulièrement riche et imposante. Lors de l’enregistrement de cet opus, Jennifer Charles (Elysian Fields) est venue donner un petit coup de voix (lascif) à « Thrush », ode à l’amour version fœtus. Côté vocaux, il faut reconnaître que le timbre de Thirwell s’égare parfois dans une sorte de big-bang sonore réminiscent des Nails voire d’Einsturzende Neubauten. Plus soft que « Gash », son elpee précédent, « Love » permet à l’artiste d’entrer dans de plein pied dans le monde contemporain, tout en demeurant fidèle à sa ligne de conduite. Pas encore le chef d’œuvre cependant, mais d’un album de bonne facture. La plaque est en outre enrichie d’un DVD réunissant trois clips plutôt gore, des anciens morceaux immortalisés live et un documentaire sur sa carrière.