Githead est une formation fondée par Colin Newan (Wire), Robin Rimbaud (Scanner) et Malka Spigel (Minimal Compact). L’an dernier elle avait commis un premier EP, « Headgit ». Elargi à un quatuor depuis l’arrivée de Max Franken, le drummer de Minimal Compact, Githead nous propose donc son premier album. Un disque découpé en 9 fragments, dont deux instrumentaux : le final « Pylons » et puis « Antiphon », compo caractérisée par un rythme voluptueux entretenu par une ligne de basse dub, voluptueuse. Hormis « Wallpaper », chansons pop réminiscente de New Order sur laquelle Colin chante un peu à la manière de Bernard Summer, la plupart des vocaux sont déclamatoires. Même sur « My LCA (Little box of magic) » que se réserve Malka Spigel. Impassibles, mais très harmonieux, ils conduisent la mélodie de ce titre manipulé par la digitalisation. Mieux encore, la voix de Newman est presque rapée sur « Cosmology for beginners », une plage sculptée dans un funk house que n’aurait pas renié les Happy Mondays. Le spectre de la new wave du début des eighties est cependant très présent tout au long de cet opus. « Alpha » semble même hanté par l’esprit gothique de Sisters Of Mercy. Beaucoup de groove sur les morceaux de ce « Profile » ; mais aussi une texture instrumentale très complexe, embrumée de nuages d’électricité scintillante, limpide (« They are », « Option paralysis »). Et puis une compos assez curieuse (« Running down ») qui laisse transparaître en filigrane un sens mélodique très proche d’un Neil Young…