A l’écoute du septième opus de Low, les adeptes du slowcore ou du sadcore risquent fort d’être déçus. Et pourtant, le trio de Duluth vient probablement de concocter son meilleur album à ce jour. Une amorce de la métamorphose était déjà apparue sur leur précédent elpee, « Trust », en 2002. Sur « The great destroyer », il ne reste plus que quelques traces de langueur et d’indolence à travers l’une ou l’autre ballade. Ou alors au début d’une composition, avant de monter en régime pour finalement éclater à travers une déflagration d’électricité dantesque. Un peu comme en post rock. Et pourtant, la conjugaison des harmonies vocales échangées entre Mimi et Zak est toujours aussi diaphane, les mélodies lumineuses, hypnotiques, et le climat balayé par ce souffle unique de fraîcheur. Des caractéristiques destinées à soulever votre âme. Simplement l’intensité chargée de violence et de fureur peut éclater à tout instant. Imprévisible, inquiétante même parfois, elle peut s’aventurer dans la noisy ou alors crépiter comme chez le Crazy Horse. Oui, oui, celui de Neil Young. A l’instar de « On the edge of ». Mais sans son tempo tribal ; se rapprochant alors davantage de l’expérience menée par Ian Mc Nabb, lorsqu’il était parvenu à débaucher le Cheval Fou pour enregistrer « Head like a rock ». En 1994 ! Et pour que l’information soit complète, sachez que la production a été assurée par David Fridman, l’homme de l’ombre chez Mercury Rev et Flaming Lips. Ceci expliquant peut-être cela. Un must !