Robert Plant a toujours été fasciné par le Moyen-Orient ; une civilisation qui a d’ailleurs énormément influé sur son inspiration musicale. A l’âge de 57 ans, il continue à expérimenter, à chercher de nouvelles sonorités, à marier différentes cultures ou différents styles ; alors que de nombreux pairs tentent de ressusciter artificiellement (NDR : et surtout lucrativement) des symboles du passé. Pensez aux Doors ou à Queen. Pour Bob, remonter le Led Zeppelin sans John Bonham n’a jamais eu aucun sens. Et s’il a accepté de retravailler quelque temps en compagnie de Jimmy Page, c’était pour se ressourcer. En l’occurrence à travers la rencontre entre orchestre égyptien et symphonique. Et en ‘live’ de surcroît. « Mighty rearranger » a été concocté dans des conditions difficiles pour l’artiste. Et pour cause, à l’époque des sessions d’enregistrement, son père était occupé de rendre son dernier souffle. Un disque pour lequel il a, bien sûr, reçu le concours de son nouveau groupe Sweet Sensations. Mais aussi de musiciens de Portishead et de Massive Attack. Pour deux titres. Les plus trip hop, vous vous en doutez : « Shine it all around » et « The enchanter ». Le reste de l’opus oscille entre folk pastoral typiquement britannique, world music (NDR : surtout marocaine et malienne), blues, jazz et métal ; lorsqu’il ne mêle pas toutes ces tendances. « Tin pan valley » réussit même à transporter votre âme comme sur les compos les plus exaltantes du dirigeable (NDR : pensez à « Kashmir », « Black Dog », etc.), dans un registre mystique que cultive si bien aujourd’hui un certain Tea Party ; alors que « Dancing in heaven » et « All the kings horses » auraient pu figurer sur le « LZ III ». Et si la voix de Robert n’a plus la puissance d’antan, elle libère une telle sensibilité qu’elle n’en est que plus touchante. En outre, la richesse et l’originalité des percussions confèrent à l’œuvre une intensité constante. Enfin, les lyrics de qualité ainsi que les arrangements soignés et très contemporains posent en quelque sorte la cerise sur le gâteau. L’elpee recèle en bonus track un remix de « Shine it all around ». Ou si vous préférez un morceau caché. Il aurait mieux valu qu’il soit bien caché… N’empêche, cet opus constitue une excellente surprise. Un disque cependant pas facile à assimiler. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner…