Le drone s’empare du cortex. Il lui torture les synapses dans un râle synthétique. Ca fait mal aux tympans ? C’est pour mieux les nettoyer de toute crasse environnante. L’acouphène, ici, devient musique. Pas de mélodies ni de canevas ‘couplet/refrain’ : Keith Fullerton Whitman (alias Hrvatski) préfère annihiler la mélodie, ouvrager dans le bruit le plus symptomatique. On pratique son anamnèse : Fluxus, Steve Reich, Fennesz,… Du ‘maxi-minimalisme’, à base de guitares électriques, d’Hewlett Packard Modèle 236 et d’oscillateurs de fréquences (c’est marqué dans les titres). La drill’n’bass se noie dans les interférences : ne subsiste qu’une aigreur chaotique, un semblant d’humanité. Le domaine excitant de la recherche ! On a mal au début, mais après on s’habitue… ‘His most accessible work to date’ ? Il faudrait écouter le reste, mais on craint pour notre hygiène de vie. N’ayons pas peur des mots : ce disque fait froid dans le dos. C’est déjà ça de gagné.