Angil, c’est avant tout Mickaël Mottet. Un auteur/compositeur/chanteur/multi-instrumentiste stéphanois responsable de six albums à ce jour. Pour enregistrer ce « Teaser for : matter », il a quand même reçu le concours de quelques amis et puis surtout de Gilles Deles (Lunt) à la co-production. Un œuvre dont la trame semble au départ agréger sobriété folk et lyrisme jazz. Un peu comme si Swell et Robert Wyatt avaient décidé de bosser ensemble. Il arrive même que la voix de Mickaël emprunte les inflexions éthérées, diaphanes et mélancoliques de Robert. Mais au fil de l’écoute, on se rend compte que l’expression sonore est beaucoup plus complexe. Parce que Mickaël est sans cesse à la recherche de nouvelles sonorités. Parfois teintée de soul (« No more guitars » et son tempo réminiscent du « A girl like you » d’Edwyn Collins) ou de noisy (« Dolaytrim »), souvent sculptée dans le post folk jazzyfiant (Badly Drawn Boy ?), elle aborde même un cocktail de hip hop et de free jazz avant de virer dans la prog du Vandergraaf Generator de Dave Jackson (NDR : les saxophones !) sur le déboussolant « Sons of Benedicts ». En fin de parcours, Angil nous propose une cover d’« Invisible man » des Breeders, version complètement épurée de ses guitares que remplacent avec beaucoup de bonheur un clavier gracile.