« Printed On Recycled Paper », peut-on lire dans le livret qui accompagne l’album de Brightblack. On aurait pu croire qu’il s’agissait plutôt de carbone 14, tant la musique de ces Américains semble avoir été déterrée en plein désert mojave, fossilisée depuis des siècles et enfin ramenée à la vie, après de longues heures de brossage et de dépoussiérage. C’est que la country de Brightblack paraît figée dans le temps, tellement elle est languissante : ici, on joue au ralenti, comme si la lenteur pouvait sauver les notes de la putréfaction. A côté, Low et Mazzy Star passeraient presque pour des groupes de rock’n’roll… Slowcore, et c’est peu dire : Brightblack étire son folk crépusculaire comme pour empêcher le sable de la vie de s’égrener trop vite… Soit on calque notre cadence sur la leur et l’heure passée avec eux dure une journée, soit on s’endort bercé par cette torpeur et l’on perd toute notion temporelle. Dans les deux cas on ne comprend guère ce qui se passe, et c’est pas plus mal. Un disque à écouter si ’on n’a rien à faire, parce que c’est obligé (au risque de passer pour un zombie shooté aux somnifères).