La formule d’ “In the fishtank” en est donc à sa 11ème édition. La formule n’a pas changé, puisque le label Konkurrent est toujours amené à convaincre deux, voire trois formations (NDR : le plus souvent lorsqu’elles ont des affinités ou ont tourné ensemble), de se laisser enfermer dans les studios d’E à Weesp, aux Pays-Bas. Pendant deux jours, elles ont la liberté d’expérimenter tout ce qu’elles veulent. Musicalement, bien sûr ! Et le résultat est reproduit sur un Ep. Ce disque concrétise la rencontre entre The Black Heart Procession et Solbakken. Et il faut reconnaître que la formation californienne (NDR : de San Diego, pour être plus précis) a largement imposé ses vues au band batave. A cause du piano omniprésent de Thobias Nathaniel, tout d’abord. Et puis de la voix fascinante, lavée dans la réverb, de Paulo Zappoli (alias Pall Jenkins). Curieusement, le sommet du projet est atteint sur un titre au cours duquel le vocal de Paulo perd de sa superbe. En l’occurrence sur « Things go on with mistakes ». Un fragment énigmatique, intense, de plus de 10 minutes, tramé sur le jeu des deux drums. Un morceau dont la structure en crescendo me rappelle Hunters & Collectors. Et si le reste de l’opus ne manque pas d’allure, il faut reconnaître que le rôle de Solbakken a été réduit à la portion congrue. Depuis le voluptueux et ‘gainsbourgeois’ « Voiture en rouge », que parcourt la voix féminine de la Suissesse Rachael Rose (NDR : une invitée) au slowcore « Your cave » (Low ?), en passant par le dramatique « Dog song » (Palace Brothers ?), l’hypnotique, ténébreux et nonchalant « Nervous Persian » (Nick Cave ?), légèrement balayé de feeling ethnique, et l’expérimental « A taste of you and me », une plage au cours de laquelle les ivoires allègres et hypnotiques épousent un profil proche de Belle & Sebastian. Et pour que l’information soit complète, sachez que le disque a été redigitalisé par le maître de cérémonie Zlaya.