A l’heure actuelle, il s’agit sans aucun doute du disque le moins détraqué de tout le catalogue Dischord : Beauty Pill n’a de fait rien à voir avec l’emocore de Fugazi ou le punk débridé de Q and Not U. Il s’agirait plutôt d’indie rock à la Mudhoney, voire de pop mal réveillée, surprise au saut du lit, souffrant une grosse migraine. Et puis il y a ces deux filles, l’une qui chante comme sous anxiolytiques, l’autre qui de sa basse imprime un rythme pesant à toutes les mélodies. Des mélodies qui ont bien de la peine à s’imposer, malgré l’insistance des guitares (grunge ?) et l’emphase des claviers (piano/synthé)… C’est fatigant à force, alors qu’en insufflant un davantage de pêche, Beauty Pill auraient pu nous convaincre. A défaut, on les rebaptisera Sleepy Pill, en espérant que la nuit, pour leur prochain album, leur portera conseil.