L’histoire de ces trois rockeurs en culotte courte vaut bien à elle seule toutes les frasques des Libertines : leur carrière débute en 1989 sous l’œil attendri de papa maman, à la Saint Sylvestre, lors d’un concert durant lequel les trois morveux reprennent Queen et Stevie Wonder, en s’assurant l’admiration de toute la petite famille. Puis vient l’adolescence, Queen toujours, les « Black Rats » (ils jouent des thèmes de leurs jeux vidéo préférés) et l’idée de fonder un tribute band en l’honneur des … Bee Gees. Un épisode qui pourrait prêter à sourire si quelques années plus tard les trois frères ne se décidèrent à faire du vrai rock’n’roll, sans doute après la découverte des Strokes lors d’un repas dominical. Les Cribs étaient nés. Une chose est sûre : le choc « Is This It ? » aura laissé des traces dans le mental de ces Anglais sponsorisés par Bobby Conn (aux manettes sur certains titres). Faut dire qu’à l’écoute de la plupart des plages, on a vraiment l’impression d’avoir affaire aux New-yorkais : même nonchalance, même timbre vocal, même efficacité mélodique, même calibrage pour les ondes. Etait-ce bien nécessaire ? On évitera de trancher, en tentant d’écouter cet album sans a priori négatif. Ils sont jeunes, un peu naïfs, mais diablement sympathiques. Papa et maman doivent être drôlement fiers.