Il s’agit de la réédition du premier album de ces Canadiens impulsifs, après la sortie il y a plus d’un an d’un « Shine A Light » qui n’avait rien de brillant (cfr archives). Mais la réédition de ce disque permet de reconsidérer le cas Constantines : ces guitares percutantes, cette voix rocailleuse… Il se pourrait que la mémoire des Afghan Whigs ait trouvé ici sa meilleure boîte de résonance. La soul, ce terrain miné pour tout rockeur en mal de caresses : au cours de ces quarante minutes on se dit que les Constantines puisent avant tout dans le vivier black des années septante, et pas dans l’emocore ni le garage. Il y a du blues, mais c’est celui des lendemains qui déchantent, quand la fille s’est barrée et qu’on écoute « Here My Dear » en boucle, en chialant comme un raté. Les Constantines n’ont certes pas composé l’album soul-rock qui bouleversera notre existence, mais son écoute s’avère parfois réconfortante. Le pire est derrière nous : on souffle enfin un coup.