Deux sœurs d’origine new-yorkaise, Bianca et Sierra, se perdent de vue. Elles se retrouvent à Paris, où l’une d’elles a déménagé. Pour fêter ces retrouvailles, elles décident de faire un disque avec les moyens du bord : une guitare acoustique, un séquenceur, et pour la rythmique un pote francophile assez fortiche question beatbox. L’une a étudié l’opéra : elle chante comme la Castafiore, mais pas trop fort, pour ne pas déranger les voisins. L’autre susurre elle aussi, mais comme un chat qu’on étrangle : peut-être que ses cordes vocales ont été coincées, un jour, dans un piège à souris… De temps à autre, retentit comme un coco(rico) : plus qu’une « Maison de rêve », ce disque est une vraie « Ferme des animaux »… Etrange tableau, comme si Chan Marshall et Vashti Bunyan étaient enfermées avec Björk dans une vieille baraque pourrie au fin fond du Gers, autorisant pour seule compagnie trois cochons et cinq poules. But du jeu : faire un disque. Comme sur TF1. Mais qu’il n’y ait pas de malentendu, surtout : « La Maison de mon rêve » est un grand disque de folk rural, de lo-fi campagnard, plein de bruits du quotidien et d’échos surréels. Que ces deux sœurs soient saines d’esprit (ne snifferaient-elles pas de la colle à bois au fond de l’étable ?), c’est encore autre chose. Des drôles de cocos, c’est sûr. Un conseil, donc : réfléchir à deux fois avant de frapper à leur porte. Il y a des visites auxquelles il vaut mieux bien se préparer.