Au rayon des seconds albums du garage revival (et tutti quanti), cet « Outta Sight/Outta Mind » des Datsuns pourrait bien faire la différence. Pourtant cette plaque ne recèle pas de tube couillon à la « MF From Hell », même si les Datsuns burinent toujours un rock grotesque à la AC/DC. C’est surtout sur la longueur que cet album impressionnera le fan de riffs régressifs : « Blacken My Thumb » annonce la couleur, noire toujours, et le reste suit la même routine, à toute berzingue. Les Stooges, Led Zeppelin (John Paul Jones assure la production), voire Slade et T. Rex : les Datsuns connaissent leurs classiques seventies, et ça s’entend. Qu’on ne vienne surtout pas leur dire qu’ils ressassent trop de vieux souvenirs : ces types-là n’en ont rien à faire, ils n’ont pas les mots « électro » et « post- » (punk, rock) dans leur vocabulaire. A les entendre, on croirait qu’il ne s’est rien passé en rock depuis la mort de Bon Scott, et quelque part on les envie. Ces types ne se posent pas de questions, ils jouent la musique qu’ils aiment. Et bizarrement, leur gros son primitif est encore à la mode : le rock va et vient, jusqu’au prochain coup de bâton. D’ici là, on imitera leurs tourniquets électriques devant notre miroir, en ricanant comme des hyènes. Quelle histoire, ces Datsuns : même rétros ils bandent encore.