Cette voix d’outre-tombe qui braille du blues-rock branque et soûlard : y a pas de doute, c’est Johnny Dowd qui rapplique ! Cinquième album du noceur quinquagénaire, et toujours aucune trace d’essoufflement. La carcasse et la voix sont intactes, et les doigts, même calleux, restent assez vivaces pour encore tricoter quelques riffs démoniaques. Johnny Dowd ne mourra jamais, parce qu’il aime trop le blues. Si le contraire arrive, il viendra toujours nous hanter sous la couette, en hurlant comme un damné de sa voix éraillée. Pour l’instant, il continue à dérouiller son blues à coups de guitares qui rouillent et de batterie qui titube. Parfois, un synthé s’ajoute au tableau (noir), et ça fout encore plus les boules, tellement c’est lo-fi. Du blues lo-fi ? En prod’, mais pas en couilles. Johnny Dowd pourrait donner la fessée à Jon Spencer, comme RL Burnside ou les autres vieux briscards de Fat Possum. Il ose même clôturer son album sur un instru surf d’enfer, lui sur la planche, les jambes même pas branlantes, narguant les jeunes rockeurs de ses yeux de vieux fou. Johnny Dowd, mon pote, y a rien à dire : t’es trop balèze.