Les Devastations ont accordé leur premier concert en septembre 2002. Après 4 ou 5 dates, ils ont été invités à assumer le ‘supporting act’ des Tindersticks, lors de leur tournée australienne. Faut dire que la formation est issue de Sydney et que leur réputation a rapidement dépassé les frontières du pays des kangourous, lorsque le légendaire guitariste de Birthday Party, Kevin S Howard, leur a consacré un article élogieux, dans la presse spécialisée. Il les a même rejoints sur scène, à l’une ou l’autre reprise. En outre, le trio a également collaboré à la confection d’une bande sonore cinématographique, sur l’initiative d’Alexander Hacke, leader du groupe allemand légendaire Einsturzende Neubauten. Vous soupçonnez donc fort que la musique des Dévastations concède des affinités avec celle des Tindersticks et de Nick Cave ? Et vous n’avez pas tout à fait tort. A cause du baryton profond de Conrad Standish, également préposé à la basse. Mais nuance, et elle est de taille, il partage régulièrement le chant avec une invitée. En l’occurrence l’ex Luxedo, Emilie Martin. Lors de duos qui ne sont pas sans rappeler les exercices de style opérés par Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Et sous cette forme, les titres y sont beaucoup moins sinistres, nonobstant des lyrics qui traitent de thèmes aussi joyeux que le chagrin, la rupture, la solitude, et j’en passe et des meilleurs. Une Emilie qui se charge également des parties de violon. Et en particulier sur les deux fragments les plus ténébreux, « Previous crimes » et « You can’t reach me now ». Maintenant, il ne faut pas sous-estimer le rôle des deux autres membres du groupe. Tout d’abord, le drummer Hugo Cran : sobre et efficace. Et puis du guitariste/pianiste, Tom Carlyon. Ses interventions peuvent même se révéler meurtrières. A l’instar du décapant « Hold me ». Ou encore douloureuses. Tout a long de l’intimiste, indolent, mais tellement vibrant « Under ». Maintenant, cet opus explore d’autres horizons sonores. Et je pense tout particulièrement au lancinant « We will never drink again », caractérisé par un harmonium omniprésent. Au rock très carré « Loene ». Et enfin à « He was’nt like that when I knew him ». Digne d’Ennio Morricone, cet instrumental aurait pu servir de ‘soundtrack’ à un western spaghetti. A mon humble avis, lorsque les Devastations auront totalement digéré leurs influences, il faudra compter avec eux…