Cette formation hexagonale fait siens des préceptes édictés par la Mano Negra en son temps. L’énergie du punk rock, les influences reggae et le militantisme qui hantent ce premier album font immanquablement penser à ces illustres aînés. On n’a toutefois pas droit ici à un simple recyclage d’idées éprouvées ailleurs. Ektola et la brigade proposent quelques bons morceaux (« Rocksteady date », « Drum and bave ») emballés dans une production imaginative qui arrive à faire cohabiter des samples, des scratches et une section de cuivres, sans que l’ensemble ne sonne artificiel ou brouillon. Le spectre stylistique plutôt large couvert par l’album plaira en tout cas aux éclectiques. On oscille du ska à la drum and bass, sans omettre d’opérer quelques emprunts au hip hop ; le plus étonnant procédant de la reprise punkoïde du « Shimmy Shimmy Ya » d’Ol’Dirty Bastard, le membre imbibé du Wu-Tang Clan. Ma seule petite réserve lorgne du côté de la voix du camarade Le Donz, qui n’arrive pas toujours à s’extirper du cliché de chanteur gouailleur qu’on entend souvent chez les groupes alternatifs français. Sur la longueur, ça dessert un peu cet album qui constitue malgré tout un premier essai plutôt réussi.