Originaire de Montréal, Handsome Furs servait apparemment de sympathique défouloir à Dan Boeckner, le leader des fous furieux de Wolf Parade (NDR : et d’Atlas Strategic également). Ce ne sera définitivement plus le cas après la sortie de « Face control », leur second album. Duo sexy (NDR : pour vous en convaincre, suffit de consulter le booklet) Handsome Furs est partagé entre Dan Boeckner et sa fiancée, l’écrivain Alexeï Perry. Il se réserve les vocaux et la guitare. Elle se charge de la rythmique et de la programmation. C’est également elle qui a choisi le patronyme du combo, puisqu’il est tiré d’une de ses nouvelles.
Signé en 2006 chez Sub Pop, la formation avait commis un premier opus l’année suivante : « Plague Park ». En 2007. Plus électronique que le précédent elpee, « Face control » n’a pas perdu pour autant le goût de la provocation cultivé par Dan. Rien que l’illustration reproduite sur la pochette en est une nouvelle démonstration : élégante, flashy, elle montre un doberman sur fond rouge d’un côté et un jeune Vladimir Poutine jeune et en uniforme, pris pour cible au tir, de l’autre. Le ton est donné ! Certains magazines n’ont pas hésité à comparer leur musique à celle des Kills ; mais franchement, celle des Canadiens est bien moins accessible et surtout plus dérangée. Le voyage du couple effectué au sein des pays de l’Est et notamment en Russie. Et en particulier leurs lyrics. Qui abordent des sujets comme celui des nouveaux tsars ainsi que des profondes modifications sociétales opérées au sein de l’ex-U.R.S.S. En fait, le concept de l’opus cherche à refléter le portrait de notre société déshumanisée à travers le prisme déformant de la société russe.
Musicalement, il faut quand même s’accrocher. Et les rythmes spartiates d’Alexeï ainsi que les vocaux et les riffs énervés dispensés par Dan ne sont pas à mettre entre toutes les oreilles ! Plusieurs écoutes vous seront d’ailleurs nécessaires avant d’apprécier le pourtant très réussi « Face Control » à sa juste valeur. Un disque qui navigue à des années-lumière du pourtant plus accessible « Plague Park ». Le climat est sombre et maladif. L’émotion se traduit parfois en rage. Une impression communiquée par la voix torturée de Boeckner. L’influence du post-punk et de la cold-wave est indéniable. Les références électro bien présentes. A la limite, on a l’impression de naviguer au sein d’un univers sis quelque part entre Suicide et New Order. Un coup de cœur ? « Radio Kalingrad ». Une plage mélancolique d’une durée de 5 minutes, construite en crescendo. Et puis le plus dansant « I’m confused ». Tout au long de cet elpee, l’intensité est omniprésente. Un peu comme chez Sunset Rubdown groupe de Spenser Krug, le comparse de Dan chez Wolf Parade. Bref, « Face control » est une bande-son qui colle à merveille à notre époque mouvementée…

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