The Fiery Furnaces est un duo partagé entre frère et sœur, comme les White Stripes (sic). La comparaison s’arrête là. Même s’il est vrai que le folk-rock atypique de ce tandem de sang plonge parfois son bagout surréaliste (dylanesque ?) dans un bouillon garage qui n’est pas sans rappeler… The Kills, un autre couple maléfique. The Fiery Furnaces est donc un curieux mélange d’hippie folk à la Jefferson Airplane et de stridences velvetiennes, avec un sens aigu de la narration… Même s’il est vrai qu’on a parfois du mal à suivre les divagations beat d’Eleanor, qui chante le verbe acid comme en son temps Don Van Vliet et Leonard Cohen. Il y a aussi du synthé vintage, un piano boogie et une batterie libertaire : dans de telles conditions, difficile de parfois tout comprendre. Mieux vaut se laisser aller et prendre dès lors ce disque pour ce qu’il est : un recueil de chansons barrées aux mélodies bizarres, qui plaisent autant qu’elles laissent perplexes. Le genre de disque à nul autre pareil, dont la somme des influences donne quelque chose de neuf et d’insolite, bref d’inestimable.