Malgré un rythme alerte et tourmenté, 'So well remembered' (NDR : la première plage) trahit rapidement ses références. Lesquelles se confirment par un 'Ripcord' (NDR : le second titre) apaisé et griffé de longues notes de guitare aériennes chères à David Gilmour. La troisième plage assoit définitivement la filiation. A contrario de RPWL, Friends of Dean Martinez marche sur les traces du grand Floyd. Mais le résultat est très différent, il faut le reconnaître. D'abord parce que le groupe cible une période très précise, dans la carrière du géant. Celle qui se clôture par ‘Meddle’. Ensuite parce qu'il s'attache à restituer les sonorités des sixties. Hormis quelques bruitages, tout semble d'époque! Du coup, quelques passages évoquent d'autres souvenirs de cette même période. C'est le cas de 'Dusk', qui concède un petit air de famille avec 'Dragonfly' de Fleetwood Mac ; alors qu’à d'autres moments, Popol Vuh ou les proto-progs allemands ne sont pas loin. Les compositions sont plaisantes, parfois agrémentées 'd'exotisme', que traduisent la harpe sur 'Nowhere to go' et la guitare espagnole sur 'Lost Horizon'. De quoi éviter toute lassitude à l'écoute. Intégralement instrumental, ce CD est assez court (NDR : moins de 40 minutes, encore un détail d'époque !), mais se révèle d’excellente facture. Un elpee qui fera à bien des quinquas l'effet d'une madeleine proustienne. Pourtant, il y manque peut-être un grain de folie pour faire la différence…