Après avoir commis deux excellents albums (“ Bring it on” en 98 et « Liquid Skin » en 99), Gomez surprenait tout son monde en gravant « In our gun ». En 2000. Une œuvre tout au long de laquelle la formation injectait une dose massive de technologie moderne. Avec plus ou moins de réussite. Des exercices de style qui finalement masquaient un déficit de créativité. Et leur nouvel opus, « Split the difference » confirme cette carence. Il y a bien le sinusoïdal « Silence », réminiscent de Syd Barrett, la pseuso ballade « Sweet Virginia », déchirée entre envolées orchestrales et paysages jazzyfiants, un « Extra special guy » plus Ray Davies que nature, le britpop countryfié « There it was, le sympathique « Me, you and everybody », découpé dans le blues semi acoustique, et puis surtout la remarquable reprise de David ‘Junior’ Kimbrough, « Meet me in the city ». Mais la moitié de l’opus est totalement gangrené par le grunge. De Pearl Jam. Et surtout de Nirvana. On a même droit sur « Nothing is wrong » à du Oasis déshydraté. Bref, pour une formation de la trempe de Gomez, le résultat est à moitié vide plutôt qu’à moitié plein…