« Blow, ça exprime à la fois un vent doux et une explosion. Une bombe et une pipe », nous expliquait John Stargasm lors de l’interview (voir en Une), bien content de sa trouvaille (rires). Et il n’a pas tort, le bougre ! Ce qui force l’admiration chez ces esthètes du rock à la belge, c’est en effet cette capacité à trouver le parfait équilibre entre tensions rock’n’roll et détentes rassurantes. Le titre d’ouverture, « Blow », illustre à merveille cette tendance : d’un bruit sourd qui naît du silence se dégage peu à peu l’amorce d’une mélodie cyclothymique, avant le déluge sonore et la montée au ciel. Un ciel secret où on s’aventure à l’aveuglette, « sans parachute », avec l’espoir qu’au-dessus ce soit le paradis. La trique, quoi ! Parce qu’il est beaucoup question de sexe chez Ghinzu : ça baise à tout va (« le diptyque « Jet Sex/Cockpit Inferno », « ‘Til You Faint »), même si parfois c’est dit avec amour (« My Sweet Love », belle chanson calme, toute en pudeur). Comme dans toute bonne relation sexuelle, il y a les préliminaires, puis le climax charnel avant la relâche jouissive : chez Ghinzu, la plupart des morceaux montent ainsi doucement, pour ensuite lâcher le jus et finir dans un râle. « Blow » souffle le chaud sur les terres de notre plat pays rock : pour une fois, le fameux « sex, drugs and rock’n’roll » est ici pris au pied de la lettre. Pas la peine d’ajouter que ces douze chansons contiennent leur lot de mélodies racées, de rythmes enlevés et de guitares conquérantes. Pas la peine de dire que la plupart d’entre elles sont des tubes. Suffit d’écouter « Do You Read Me », « High Voltage Queen », « Mine », pour être… soufflé. Pas des branleurs, ces types. A goûter au plus vite. Même sans capote.