Pour enregistrer son septième album, PJ Harvey a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, comme il y a 12 ans. A un blues primal, aride, sauvage que « Dry » incarnait si bien. Un retour aux sources auquel trop d’artistes ont tendance à recourir, lorsqu’ils sont en panne d’inspiration. Son précédent opus, « Stories from the city, stories from the sea », était tout bonnement remarquable. « Uh huh her » est de bonne facture, sans plus. En fait, il manque de compos percutantes. Une œuvre qu’elle a écrite, interprétée, mixée et produite. On n’y relève d’ailleurs que la collaboration de son complice de longue date, Rob Ellis ; et puis de Head au mixing et aux arrangements additionnels. Curieusement, la chanson « Uh huh her » ne figure pas sur cet elpee. Parce qu’elle ressemblait trop à ce qu’elle faisait auparavant, confesse Polly. Bref, les rares accents hymniques empruntés à Patti Smith ou à Siouxie (« The letter ») ne parviennent pas à sauver un ensemble qui exhale un parfum de déjà entendu. Pas que la plaque soit de mauvaise facture, mais pour une artiste de la trempe de Polly Jean Harvey, on reste sur sa faim…