Ce nouvel opus débute par une batterie folle, une atmosphère jazzy... Que le spectacle commence ! Ignatus, entouré d’une fine équipe (Eric Neveu, Ben’s Symphonic Orchestra, Christophe Monier,...), nous télétransporte dans une voiture, en vacances au soleil. On secoue la tête en pensant aux autres qui sont toujours au boulot en train de se faire fouetter par la direction. L’enfer n’est pas si loin, mais on a 15 jours pour se dire que la vie n’est pas si difficile. Manifestant une jouissance dans l’articulation et une voix à la Gainsbourg du début, il dresse ses chroniques sociales, se pose en observateur, prend de la distance avec la ville. En se délectant des les mots, il fait passer la pilule avec douceur. Les cordes légères, la rythmique joyeuse, les propos aigres-doux donnent le sourire. Mais à la moitié de l’album, on se rend compte qu’on s’est fait avoir. L’homme au coeur de boeuf dans un corps de nouille a pris soin de nous pour mieux nous faire angoisser. L’électronique prend place et ‘Pan’ dans ta gueule ! On parle de rapports affectifs, on passe du général au particulier, le ton et la musique se font grinçants, inhumains, comme si les sentiments étaient ingérables. Et, du début à la fin, c’est une réussite !