Méchante claque que ce disque. Du proto-punk lorgnant dangereusement vers le prog, à la limite d’un Suicide version nu-metal. Joe Cardamone hurle d’une voix démente à la Iggy période Stooges. Sans cesse au bord d’un gouffre au fond duquel ne subsiste aucun espoir, la rythmique ne laisse aucune chance au pauvre sourd d’oreille en mal de sensations fortes. Vous voulez un truc qui arrache la tête, vrille les tympans et fait l’effet d’un rasoir coupant vos artères ? Ces types sont là pour vous servir. Ca sent l’angoisse. Ca fout les boules. Bizarre, cette sensation d’hypnose salace qui vous prend à la gorge dès le morceau d’ouverture. En plein milieu, des décharges plombées, qui vous tordent la colonne vertébrale de leurs riffs lancinants : un triptyque cradingue et psychopathe (« Kiss Like Lizards », « Getting Bright At Night », « Big Sleep ») à l’écoute duquel on ne ressort pas indemne. Comme une drogue dure, sans extase ni empathie. Juste l’impression d’être en plein trip mescaline, sans la certitude d’un jour revoir la lumière. Glauque. The Icarus Line est un groupe de jeunes décervelés (23 ans en moyenne) qui n’ont pas grand chose à voir avec leurs collègues de NYC (The Strokes, Interpol,…) ou de Detroit. Ici on vit le rock’n’roll comme une descente aux enfers. Faut s’accrocher, même si ça doit passer par une migraine ou quelques ecchymoses. Au final, on est sûr d’avoir survécu au pire. On n’a plus peur de rien. On est prêt pour le déluge.