A l’instar de leurs potes d’Austin Lace, les Hollandais de John Wayne Shot Me pratiquent une pop bricolée des plus réconfortantes : un peu comme quand on atteint l’âge de la maturité sexuelle et qu’on rêve nu dans notre lit de coquines jouvencelles. Au réveil nos draps sont humides et notre cœur un peu pompette, mais on claque des doigts pour se donner de l’énergie avant d’entamer la journée. L’aventure débute sur des (chapi-) chapeaux de roue par « Intercontinental Machines », jolie ritournelle indie-pop à la Jonathan Richman, pleine de couleurs magnétiques comme celles qui se forment sur la langue quand on suce un bonbon. Mais à peine requinqués, sonne déjà le temps des larsens : « The Purple Hearted Youth Club » et ses riffs bien garage – sans doute celui des Detry (Lionel et Fabrice d’Austin Lace) – avec entreposés dedans de vieux amplis et des synthés Korg, des piles de BDs et des affiches d’« Easy to Cook ». Une grande famille, qu’on vous dit : même Enzo Porta (Austin Lace, Elvis Ghettoblaster… et ouais : Musiczine) a droit à sa chanson, « The Purple Hearted Enzo », chtite rengaine électro-pop à la « Pop Corn », signe qu’aussi tous ces gaillards aiment jouer des heures à Pacman et Space Invaders – JWSM c’est une question d’‘adulescence’, et pour une fois on dira que c’est chouette. Sur ce disque on respire la nostalgie acidulée d’une époque où l’on portait de beaux shorts en éponge : agréable, confortable et familier. Et si parfois tout ça frise la nonchalance oubliée de nos souvenirs d’enfance, plus question ici de faire pipi au lit… Parce que JWSM, derrière ses apparences de groupe boy-scout bloqué sur Goldorak et les sucettes-surprise (celles avec une chique à l’intérieur), n’a pas son pareil pour trousser de super mélodies : on pense aux Moldy Peaches (Kimya Dawson en ‘guest-star’ sur « Building Robots »), à Daniel Johnston (en moins taré), voire au Lemonheads (« Autopilot Collisions »). Un disque vraiment… chouette, donc : le genre d’adjectif qu’on n’utilise plus trop, mais qui rappelle l’insouciance de nos plus vertes années (les plus belles)… Et écouter JWSM, c’est comme y croire encore, ‘croix de bois croix de fer’. Parce que ces types ne mentent pas : ils sont vraiment sympas. Bienvenue au club donc, et n’ayez crainte : chez JWSM, y en aura toujours pour tout le monde. Suffit de se servir, et de ne pas oublier le mot magique : « Merci » !