Le premier album des Kings of Convenience formulait cet adage : « Quiet is the new loud », et le monde de vibrer à nouveau pour le tout acoustique, trente ans après Simon and Garfunkel et Nick Drake. Depuis lors, Erlend Oye s’est mis à l’électro (son album solo, un DJ Kicks, une collaboration avec Royksopp) et le bruit est revenu fort à la mode. Mais le duo de Bergen réapparaît dans cette tourmente, et nous refait le coup des harmonies vocales et des guitares en bois. Résultat : « Riot of an Empty Street » sonne comme son prédécesseur, apportant peut-être cette touche bossa qui donne envie de danser (en chaussettes) sur le dance-floor (« I’d Rather Dance with You », tube amoureux qui met la pêche quand on s’ennuie). Mais attention, ne pas confondre fragilité et efféminé : Erlend Oye et Eirik Glambek Boe ne sont pas des tapettes qui pleurnichent, même si leur folk doucereux ne plaira sans doute pas aux fans poilus des Darkness… « Riot… », au contraire, caresse gentiment nos oreilles, et s’écoute au mieux en pleine quiétude dominicale. Ces deux-là n’ont peut-être pas inventé l’eau chaude, mais leurs ballades légères et romantiques font du bien quand autour de nous règne le bordel. Un peu d’amour, quoi… C’est la seule chose qui compte.