Le premier CD de Ken's Novel,'The Guide', avait séduit par le punch et le caractère immédiat de son Prog- métal, sa production impeccable et la très belle voix de Patrick Muermans. Il aura fallu cinq ans au groupe belge pour mener à terme son successeur. Cinq ans des galères habituelles aux groupes semi professionnels: personnel instable, manque de fonds, … Successeur, ce nouvel opus l'est dans tous les sens du terme: comme le précédent, c'est un concept, qui de plus conte la suite des aventures de son 'héros' Ken. Musicalement, par contre, on s'éloigne notablement de 'The Guide'. Ce dernier péchait par une certaine stéréotypie: les intros des morceaux en étaient les seules séquences aventureuses et ils restaient par ailleurs plutôt figés sur leurs bases. Le chant y était de plus omniprésent. Ainsi, mis à part deux ou trois plages imparables, les autres enthousiasmaient pendant les 3 ou 4 premières minutes, avant de générer une certaine lassitude. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe a complètement revu sa copie. On a ici droit à un Prog riche, dense et touffu, capable de produite douze idées à la seconde et des breaks à tout berzingue. L'inspiration est aussi très variée. Prog et Metal y côtoient des séquences jazz, fusion...Violons et violoncelle y épaulent la très complète panoplie d'instruments modernes. L'album fourmille de petites trouvailles savoureuses. Tous les musiciens sont parfaits. Rien n'a été bâclé ou négligé. Et la mise ne forme mérite une médaille d'or. Maintenant, il faut reconnaître que l'album a les défauts de ses qualités. Tous les épisodes de ce Prog multicouche n'échappent pas à la surenchère. Au détriment de l'émotion. Et l'auditeur perd parfois le fil rouge au sein de cette boulimie de digressions. Par contre, certains sont de franches réussites, alliant avec équilibre vélocité, mélodie, sophistication et émotion. 'Crowd On Sail', deuxième chapitre, en est un brillant exemple. Ken a aussi droit à ses petites aires de repos. Très intelligemment, le groupe nous gratifie de deux plages courtes, simples et très radiophoniques ; en l’occurrence la ballade finale 'Distinctive Sign' , et surtout l'imparable 'Mirror Man', que les radios n'auront pas (NDR : espérons le !) le mauvais goût de bouder. Ajoutons que moins envahissant, le chant de Patrick Muermans continue d’exceller. Il est ici mieux mis en valeur et procure à l’ensemble une certaine touche de théâtralité. Enfin, le grand soin apporté à chaque détail est même répercuté à travers la pochette et le booklet. De la très belle ouvrage, assurément!