Alors que la plupart des groupes insulaires essaient de s’imposer chez eux avant de se tourner vers les States, Kaito a opté pour le processus inverse. Faut dire que sa musique possède davantage d’affinités avec la musique yankee que britannique. Pour concocter une telle expression sonore, ce quatuor doit impérativement aimer ou avoir aimé les Pixies, Sonic Youth (NDR : les débuts !), Blonde Redhead (NDR : mais pas le dernier album !) et Sleater Kinney. Une formation drivée par une fille : Nikki Colt. Qui possède une voix pas possible ! Elle ne chante pas : elle gémit, murmure, gazouille, bégaie, hoquette, aboie ou grogne, dans un registre aigu qui rappelle Kazu (NDR : la chanteuse de Blonde Redhead, of course !). En dispensant des lyrics incompréhensibles. Incarnant davantage une intention qu’une expression. A connotation sexuelle, vous vous en doutez. Le tout sur un noisy/punk/pop épileptique, torrentueux, frénétique, au sein duquel s’entre-déchirent riffs de guitare énergétiques, pépiants, élastiques, vertigineux et synthés ondulatoires, fiévreux, vulnérables ou miteux. Fragment le plus déjanté, « Nothing new » aurait pu naître d’une rencontre entre les Nymphs et X Ray Spex ; alors que « Driving manual auto» couve un feeling disco sordide. Ce premier opus recèle, en outre, six bonus tracks enregistrés ‘live’ au garage de Londres, ainsi qu’un clip vidéo de Should I ». Pas facile, mais très étonnant !