Désirant contrecarrer la mise en ligne prématurée (NDR : à l'insu de leur plein gré) de leur nouveau rejeton, Korn décida donc d'avancer la date de sortie de "Take a look...". Cet avancement dans le planning marketing de Sony est-il à la base de la démi-déception/joie que procure ces 13 nouveaux titres? Nous savions que le finalement bien nommé " Untouchables ", précédente galette sortie fin 2002 (ils ne chôment pas les petits gars de Bakersville !), avait bénéficié d'un travail studio particulier. Chiadé dans ses moindres détails, l'album remettait Korn aux avant-postes de la scène néo-métal bien souffreteuse à l'époque. Mais ne doit-on pas également voir le premier changement de personnel depuis la création du groupe comme un effet négatif ou tout au moins perturbant, pour ce groupe qui place la "famille" au premier rang de leurs valeurs ? David Silveria a en effet laissé sa place derrière les fûts (pour sûrement passer derrière les casseroles de son resto) à Wally Balljacker, inconnu au bataillon, moins créatif et percutant. Le groupe semble être à un tournant. A ce titre le livret parle de lui-même : des photos puisées ça et là tout au long des 10 ans d'existence du groupe. Musicalement, les racines sont clairement identifiables. On retrouve donc la cornemuse si chère à Jonathan Davies; un rap enlevé en compagnie de NAS. Mais aussi deux hommages : le premier, à peine dissimulé, sous la forme d'une reprise (une première ?) du tellurique "One" des vétérans de Metallica. Capté lors d'une soirée hommage aux grands-pères du trash diffusée sur MTV, Korn balance un titre sévèrement burné, personnellement réinterprété et de surcroît, de fort belle manière. L'autre hommage, plus "caché", vous saute aux oreilles au troisième titre, "Counting on me", où Munky et Head s'aventurent dans du pur Black Sabbath... Papy Ozzy, le clin d'oeil est appuyé... C'est Jack qui doit le prendre pour lui ! Bon au-delà des ces piailleries, "Take a look..." réserve son lot des tueries, mais n'atteint pas le niveau de ses productions antérieures. Pour quiconque entre dans l'univers torturé de Korn, passe encore. Les puristes verseront une petite larme...