Cet Ep prélude la sortie du nouvel album de Mark Lanegan. Plusieurs compositions de « Here comes that weird chill » devraient d’ailleurs s’y retrouver ; mais plus que probablement sous une forme différente. Découpé en 9 fragments, dont un titre caché, cet Ep a reçu le concours de quelques invités de marque. Pour la toute première fois, pas de trace de Mike Johnson ; mais bien de Josh Homme (NDR : il y joue un tas d’instruments, et notamment la guitare) et Nick Oliveri (NDR : deux membres de Queen Of The Stone Age), de Chris Goss (NDR : Chris et Nick ont sévi au sein du légendaire mais sous-estimé Masters of Reality), de Greg Dulli (Ex Afghan Whigs, Twilight Singers) et de quelques autres. Depuis que Mark a embrassé une carrière solo, ses disques sont toujours hantés par le folk et le blues. Des compositions malsaines, douloureuses, qu’il interprète de sa voix graveleuse, trempée dans le whiskey, un peu comme Tom Waits. Et je pense tout particulièrement à « Lexington slow down », un fragment empreint de mystère, balayée par un piano sonore, caressé de chœurs gospel intimistes, que Mark interprète dans un style chanté/parlé. Pourtant, les chansons de ce morceau de plastique offrent un visage beaucoup plus électrique. Davantage post industriel aussi. Et je pense tout d’abord à l’inédit (NDR : le single également) « Methamphetamine blues ». Une plage qui parvient à agréger sonorités mécaniques et harmonies luxuriantes. Autre inédit, « Skeletal history » semble avoir été conçu dans l’esprit roots d’un John Renbourn, d’un Bert Jansch voire d’un Roy Harper, puis intensifié avec emphase, comme chez Tea Party. Le disque recèle également une reprise du « Clear spot » de Captain Beefheart, une version sinueuse, psychédélique, finalement plus proche d’un Wire que de Don Van Vliet. Et puis un titre hypnotique, complexe, noisy, fruit d’une rencontre improbable entre le Velvet et Suicide : « Wish you well ». Reste le swamp rock menaçant « Message to mine » et deux tracks qui font la part belle à l’électricité. Tout d’abord « On the steps of the cathedral », déchiqueté par le feedback ; ensuite le post rock « Sleep with me » et ses paysages atmosphériques ténébreux, sinistres (NDR : ce dernier morceau fait également l’objet, d’un remix en dub). Certains nostalgiques racontent que c’est sans doute le style de musique que Nirvana aurait pratiqué si Kurt Cobain n’avait pas mis fin à ses jours…