Derrière ce joli nom aux consonances féminines se cache en fait un seul homme, Evan Slamka, songwriter timide à la verve mélodique impressionnante. S’il fallait résumer l’écoute de ce disque en quelques mots, on userait sans doute de métaphores climatiques : un dimanche matin, la rosée glissant sur l’herbe vermeil, deux colibris butinent le liquide muqueux d’une jonquille épanouie… « Self Help Serenade » est la bande-son d’un été ensommeillé, qui lentement se réveille et déploie ses charmes fragiles. Doucement les mélodies s’étirent, et les guitares chatouillent nos oreilles encore bourdonnantes d’une nuit pleine de rêves : on y aurait rencontré les fantômes d’Elliott Smith et de Lennon, l’un portant le bonnet de Damon Cough (Badly Drawn Boy), l’autre un badge de Mercury Rev au revers de sa veste. Entouré de trois potes qui l’aident à concrétiser ses plus belles visions du bonheur, Evan Slamka tricote de tendres chansons en duvel coat, qui tiennent au chaud 24h/24. Voilà le disque qu’il nous fallait pour passer les vacances en toute sérénité : Marjorie Fair, comme toute bonne musique, adoucit les mœurs et nous fait retrouver le sourire. L’une des découvertes de l’année, qui distille ses charmes troublants sans tambour ni trompette.