Mus c’est avant tout Monica Vacas et Fran Gayo, un duo issu de Gijon, une cité sise dans le nord est de l’Espagne. En Asturies, si vous préférez. La nuance est importante, car les textes sont chantés en asturien. Par Monica. Dont le chuchotement sensuel, éthéré, évoque instantanément Hope Sandoval. La musique de Mus est d’ailleurs aussi languissante que celle de Mazzy Star, mais privée de ses caractéristiques country. Parce que l’instrumentation est essentiellement partagée entre le piano, un clavier, la ‘six cordes’ (le plus souvent acoustique, mais aussi électrique), le dobro et quelques percussions. Ce qui n’a pas empêché le couple de recevoir le concours de quelques collaborateurs. « Divina lluz » évolue donc en plein minimalisme, mais un minimalisme poétique, visionnaire, atmosphérique, mélancolique… Pastoral même sur le moyenâgeux « Pala xenra blanca ». On a même parfois l’impression d’être en présence d’une bande sonore pour un long métrage. Tourné en Espagne, bien sûr. Les lyrics (d’après la bio), traitant de contes de mort, de désespoir, d’ode à la solitude et de luttes politiques. En fin de parcours, la valse brumeuse « A la fonte cada manana » et « Adios », sur lequel une voix caverneuse récite sa prose sur un lit d’orgue et de xylophone, ne peuvent m’empêcher de penser au film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Titre plus élaboré, « Na esplanada » conjugue acoustique et électricité dans un registre slowcore que n’aurait pas renié un Low. Dommage d’ailleurs que ce type de morceau soit aussi rare sur cet opus. Il a d’ailleurs beau être planté au beau milieu du track list, il ne parvient pas à extraire la plaque d’une certaine morosité ambiante…