“Maladjusted”, le dernier opus solo de l’ex Smiths remonte déjà à 1997. « You are the Quarry » constitue son huitième essai en solitaire. Un disque pour lequel il a reçu le concours de Jerry Finn, un des producteurs le plus courtisés aujourd’hui (NDR : il est notamment responsable de la mise en forme de plaques pour Blink 182, AFI ou encore Green Day). Et puis du groupe en compagnie duquel il bosse depuis des lustres. En l’occurrence, les guitaristes Boz Boorer et Alain Whyte, le bassiste Gary Day et le drummer Dean Butterworth. Tout un petit monde rejoint pour la circonstance par le claviériste de Jellyfish, Roger Manning. Pour la première fois, la formation et Mozz n’ont pas opéré les prises séparément, mais lors des mêmes sessions d’enregistrement. A Los Angeles et à Londres. Une bonne trentaine de chansons, dont douze ont été retenues pour cet elpee. Avec pour résultat une œuvre qui alterne le très bon et le moins bon. Le moins bon, lorsqu’il s’égare dans le mélo pathétique et ampoulé. Et sous cette forme, la voix emphatique de Morrissey indispose. A contrario, ce timbre fait merveille dès que les chansons épousent un profil tourmenté. Et les variations de tempo tout comme l’agitation et l’intensité des cordes de guitares n’y sont pas étrangères. Parfois même comme à l’époque de Smiths. Une impression qui se manifeste sur les trois premiers fragments de la plaque. Mais les deux titres qui emportent toutes mes faveurs répondent aux noms de « I’m not sorry », plage balayée de percussions jazzyfiantes, réminiscente de la période postcard d’Aztec Camera ; et puis l’étonnant « How could anybody possibly know how I feel ? », dont la progression des cordes de guitares me rappelle un certain « I want you » des Beatles. Pas de lyrics susceptibles de susciter controverses ou polémiques au sein de ses chansons, mais des sujets ambigus, amers, spirituels, complexes, qui dépeignent sa vision très personnelle, ténébreuse, de la comédie humaine…