Ceux qui apprécient la country-pop évanescente de Beachwood Sparks seront aux anges à l’écoute de ce disque, en fait le premier album solo de Christopher Gunst : on y retrouve cette même mélancolie qui rappelle à notre bon souvenir les sixties et ses vapeurs psyché-folk, des Zombies à Pearls Before Swine. Il semblerait qu’aujourd’hui, de Parsley Sound à Marjorie Fair (cfr chronique), d’Adem à Syd Matters, de nombreux songwriters privilégient l’ambiance (cotonneuse, vaporeuse) aux refrains martelés ; comme s’il fallait éviter à l’auditeur trop de sautes d’humeur, lui tenir la main et sans cesse le rassurer. Le monde tourne mal, mais il existe des havres de paix sur lesquels le temps semble n’avoir aucune prise. Au milieu de ces chansons bâties sur un accord sibyllin, un xylophone rêveur, des chœurs angéliques, l’oreille se love et se réchauffe, réconfortée d’être pour une fois bercée gentiment, au ralenti. C’est tout le contraire du garage/post punk revival, et c’est pas plus mal. De cette tendance musicale, plus dominicale que primale, on retiendra l’apaisante humeur, qui donne du baume au cœur. Détendez-vous, faites de beaux rêves, Christopher Gunst s’occupe du reste.