Pedigree étonnant que celui du groupe Macha. D’abord une carrière erratique. Leurs deux précédents albums datent de 1998 et de 1999, annonçant une longue période de disette marquée uniquement par quelques collaborations (notamment avec Bedhead), avant ce retour en 2004 sur Jetset Records. Musicalement parlant ensuite. Les premières compos des frères Josh et Mischo McKay allient originalement une approche indie rock avec une instrumentation indonésienne (!), à grand renfort d’instruments à cordes et de percussions exotiques. Sur « Forget Tomorrow », cette instrumentation est certes encore ponctuellement présente. Mais les frères McKay ont (re)découvert entre temps les sonorités froides et catchy des synthétiseurs millésimés 1980. Ce qui donne naissance à un mix étonnant indie - synth pop, non dénué d’un sens de l’aventure (« C’mon C’mon Oblivion ») et de la recherche d’ambiance (les instrus « D-D-D », « Sub II » et « While the People Sleep »). Macha, outre sa démarche originale et de certains choix complexes (le tarabiscoté « From the Merak Lounge ») délivre aussi des morceaux immédiats comme « Forget Tomorrow » (tube pop en puissance) et « Smash & Grab ». Au final, un album étonnant et à découvrir, où l’on croise Japan, The Legendary Pink Dots et Can.