« Secret Wars » est déjà le sixième album de ce trio de Brooklyn et le premier pour Rough Trade. Ce mur de guitares crispantes, auquel se cogne une batterie sans frein et des synthés spasmodiques, rappelle le meilleur de la no-wave du début des années 80, des Flying Lizards à DNA… Et pourtant, Oneida n’est pas de ces groupes à la mode qui adoucissent leur son pour faire la couverture des magazines : même si « Secret Wars » est moins jusqu’au-boutiste que ses prédécesseurs, il n’en reste pas moins d’une puissance de frappe ahurissante, et d’un étourdissement des plus cathartiques. En clair, ça tape, sans jamais faiblir. Pris dans cette tourmente post punk apocalyptique, l’auditeur n’a pas 10.000 alternatives : soit il saute à pieds joints dans l’œil du cyclone et s’abandonne à ces coups de butoir électriques, soit il subit ces boucles entêtantes et vacille dans un coma des nerfs et des sens. Les deux sont également possibles, à condition d’avoir une santé de fer. C’est qu’il faut savoir garder la tête froide à l’écoute des furieux « Capt. Bo Dignifies The Allegations with a Response » et « $50 Tea », et même quand on croit avoir la paix deux minutes (« The Last Act, Every Time » et son banjo curieusement pop), ça repart pour un quart d’heure de mantra punkoïde (« Changes in the City »). Ouf, c’est la fin : ça fait du bien. Au prochain tour, on prévoira quelques calmants et des serviettes humides, pour éviter tout basculement dans la folie.