Il ne s’agit pas d’un nouvel album du grand David Pajo (Slint, Palace, Aerial M, Zwan, etc.), mais d’une compilation de faces B, d’inédits et de morceaux rares. Pour ceux qui vouent une admiration sans failles aux précurseurs de la chose post-rock, ce disque apparaîtra comme une petite manne aux trésors. Pour les autres, ce sera sans aucun doute une belle découverte. Frère d’armes de Will Oldham et de Jim O’Rourke, David Pajo prouve encore une fois son talent pour fignoler d’imparables cathédrales soniques qui puisent leur énergie aussi bien dans l’americana de papa que dans l’électronique la plus sagace. Les premiers morceaux louvoient du côté sombre de la musique instrumentale (Slint, donc, mais aussi Tortoise), sans jamais tomber dans la démonstration pompeuse : du grand art, d’autant plus surprenant qu’il s’agit de morceaux restés jusqu’ici dans l’ombre. La deuxième partie de l’album est encore plus surprenante : « Last Caress », où l’on entend Pajo chanter comme Nick Drake dans une ambiance bucolique, « Travels in Constants » et ses ruptures de style (acid-folk, post-rock, électro) captivantes, et surtout cette reprise post-folk du « Turn ! Turn ! Turn ! » des Byrds, 16 minutes ( !) de bonheur insatiable, le climax de cette compile. Magnifique, avec un grand M.