Troisième opus pour le groupe emmené par Bruce Soord et son frère. Et le constat est immédiat: il n'a rien perdu de son incroyable facilité à pondre de superbes mélodies immédiatement attachantes. 'We subside', plage d'ouverture, n'est que la première d'une longue série d'authentiques perles pop-prog. Tout en finesse, nuance et sensibilité, cette compo s’achève en beauté. Aucune surenchère, aucun artifice, juste des mélodies en béton et une production transparente et attentive aux plus petits détails. La guitare sèche domine toujours le propos, mais invite à sa suite mille et une sonorités, les unes synthétiques, les autres traditionnelles, à l’instar de ce subtil hautbois qui scande discrètement la rythmique de 'We subside'. Une foule de petits détails décorent ainsi le paysage sonore esquissé par les cordes classiques et les claviers, balisé par une rythmique souvent discrète mais efficace et s'ébrouant à bon escient, tandis que la guitare électrique, plutôt rare, se réserve quelques soli bien enlevés. Par rapport à '137', son prédécesseur, cet elpee est globalement plus grave et mélancolique. Par exemple le chant, perdant son beau naturel, se fait plus systématiquement plaintif ; et cette stéréotypie peut lasser à la longue. Mais c'est bien le seul reproche que l'on puisse formuler. On ne pense plus que rarement à Oasis ('Part Zero'). Par contre, tout en préservant son identité, Pineapple Thief évoque bien plus souvent Porcupine Tree. En conclusion, un très bel album, plein de délicatesse et au haut pouvoir de séduction. Espérons qu'il sortira le groupe de son quasi- anonymat.